INTRODUCTION

L’eau peut causer aux différents matériaux avec lesquels elle est en contact des altérations de diverses natures dont la plus fréquente est la corrosion des métaux, et particulièrement celle de l’acier.

L’eau pure attaque toujours le fer car, thermodynamiquement, les deux corps ne présentent aucun domaine commun de stabilité, mais la cinétique du processus, qui est toujours électrochimique, est très différente selon que l’oxygène est absent ou non : au premier cas correspond la corrosion par l’hydrogène.

LA CORROSION

Dans l’industrie et la construction, les corrosions ont des conséquences économiques considérables, tant directement, par les coûts d’intervention et la consommation de produits métallurgiques qu’elles engendrent, qu’indirectement (arrêt des unités industrielles de production pour réparations, dégradation de la qualité des produits manufacturés en contact avec l’eau chargée de métaux dissous, etc.).

Lorsqu’il s’agit d’eau de consommation humaine, la pollution de l’eau par les métaux mis en solution dans l’eau peut avoir des conséquences tantôt désagréables pour le consommateur (couleur ou saveur altérées), tantôt beaucoup plus graves (intoxications par certains lourds comme le plomb et le cadmium, par exemple).

MECANISMES ET CAUSES DES CORROSIONS

Les corrosions sont toujours le résultat de réactions nombreuses et complexes, mettant n jeu de multiples paramètres.

Dissolution des métaux dans l’eau

La corrosion des métaux provient du fait que ceux-ci sont instables dans l’eau et ne demandent qu’à s’y dissoudre.

Si, par exemple, un échantillon d’acier doux est plongé dans l’eau, les ions fer constituant les cristaux du métal à l’interface eau-métal ont tendance à quitter la phase solide (métal) pour migrer vers la phase liquide (eau).

Les électrons devenus excédentaires par suite de la migration des ions fer restent dans le métal au voisinage du point de corrosion. Il se forme ainsi progressivement, à l’interface fer-eau, un nuage d’ions fer positifs dans la phase liquide et un nuage d’électrons négatifs dans le métal.

Ces ions créent un champ électrique croissant, et les ions fer, pour émigrer dans la phase liquide, doivent dépenser une énergie de plus en plus grande jusqu’au moment où la corrosion cesse, par suite de l’établissement d’un équilibre.

On est alors en présence d’un système électrique appelé électrode défini par une certaine force électromotrice (ou potentiel).

L’aptitude d’un métal à passer en solution est variable d’un métal à l’autre. Cette caractéristique est appelée  » potentiel de dissolution « .

Il a été ainsi établi une échelle des potentiels de dissolution mesurés par rapport à une électrode à hydrogène (appelée  » électrode normale « ). Cette échelle des potentiels normaux de dissolution (échelle de Nerst) est la suivante.

Puisque, pratiquement, l’équilibre auquel devrait tendre la réaction d’ionisation n’est pas établi, il faut admettre la destruction du champ magnétique créé par le courant de corrosion, c’est-à-dire admettre l’existence d’un autre couple ayant une force électromotrice différente de celle de l’électrode de fer et susceptible de capter les électrons.

  • Si l’eau ne contient pas d’oxygène dissous, il ne peut s’agir, puisque l’eau contient toujours des ions H+ (dont la concentration est définie par le pH de l’eau), que de l’électrode d’hydrogène qui fonctionne suivant la réaction :

2 H+ + 2 e- ® H2

ions hydrogène hydrogène gazeux

  • Si l’eau contient de l’oxygène dissous, les électrons peuvent être captés par l’électrode d’oxygène fonctionnant comme suit :

O2 + 4 e- + 2 H2® 4 OH-

Le métal attaqué fonctionne comme donneur d’électrons et joue le rôle d’anode, les ions H+ ou l’oxygène fonctionnent comme capteurs d’électrons et jouent, par conséquent, le rôle de cathode.

La différence de potentiel qui existe entre l’électrode fer/ion fer et l’électrode H+/H2 ou O2/OH- est à l’origine des courants de corrosion, appelés aussi courants galvaniques.

Il n’existe pas de surfaces métalliques parfaitement homogènes, car la plupart des pièces utilisées pour la construction des circuits d’eau sont obtenues par laminage ou forgeage. Au cours de ces opérations, les métaux ont subi des contraintes mécaniques qui se sont traduites par des différences locales de déformation du réseau cristallin. Entre ces deux points existe donc une hétérogénéité invisible mais capitale, puisqu’elle permet la création de couples électriques locaux.

Important : La perte de métal se fait à l’anode ; la cathode n’est pas attaquée ; elle ne sert que de conducteur.

L’oxygène est capable d’oxyder l’hydroxyde ferreux Fe(OH)2 en hydroxyde ferrique Fe(OH)3 suivant la réaction :

CORROSION PAR L’OXYGENE

L’oxygène est capable d’oxyder l’hydrogène ferreux Fe(OH)2 en hydroxyde ferrique Fe(OH)3 suivant la réaction :

4 Fe(OH)2 + 2 H2O + O2 Ý 4 Fe(OH)3

L’hydroxyde ferrique est peu soluble et se dépose à la surface du métal. Mais ce dépôt est poreux et laisse passer les ions qui sont électriquement neutralisés à mesure qu’ils passent en solution.

La corrosion peut donc se poursuivre en profondeur.

C’est le processus de corrosion par formation de piqures qui caractérise la corrosion par l’oxygène.

AERATION DIFFRENTIELLE

Mise en évidence par evans, la corrosion par aération différentielle peut s’illlustrer par l’expérience présentéee ci-contre.

Cette expérience montre que si, pour un même métal, l’oxygène dissous a une activité chimique plus grande sur une partie de la surface que sur une surface voisine, cette drenière devient anode et subit la corrosion alors que là où l’oxygène est plus actif, la surface devient cathode et ne se corrode pas.

L’activité de l’oxygène dissous sur une surface métallique ets d’autant plus grande que:

- la température locale est plus élevée;

- l’eau est mieux renouvelée;

- la surface métallique est davantage exempte de dépôts.

Ainsi des piles d’aération différentielle peuvent se créer :

- entre deux points d’un même métal à température différente;

- lorsque localement il existe un dépôt poreux;

- lorsu’une partie du métal est recouverte par de l’eau stagnante s’appauvrissant en oxygène à côté d’une autre zone où l’eau est mieux renouvelée.

ACTION DES CHLORURES

Les ions chlorures, de très faibles dimensions, traversent facilement les dépôts recouvrant éventuellement les métaux et pénétrent dans les microfissures qui existent toujours à la surface du métal.

Ils réagissent alors avec l’eau en produisant de l’acide chlorhydrique. Il s’ensuit localement des pH très faibles qui accélèrent la corrosion du métal qui se poursuit en profondeur (corrosion intergranulaire des « inox »).

ACTION DES SULFATES

Les ions sulfate augmentent la conductivité électrique de l’eau et favorise donc les corrosions galvaniques.

Les ions sulfate s’adsorbent facilement à la surface des métaux et engendrent des porosités dans les dépôts qui ont tendance à s’y former, réduisant ainsi l’efficacité des couches protectrices naturelles ou artificielles.

Enfin, des corrosions en absence d’oxygène libèrent de l’hydrogène naissant. Puissant réducteur, cet hydrogène naissant peut réduire les sulfates en sulfures très corrosifs vis-à-vis des alliages cuivreux (des laitons en particulier).

CORROSION PAR LES CAUSTIQUES

Les caustiques (la soude en particulier) peuvent se concentrer dans des failles, des cassures ou des fêlures existant à la surface du métal, lorsque celui-ci présente une fatigue sous tension notamment.

La soude concentrée peut alors dissoudre la couche protectrice d’oxyde (dissolution de la couche de magnétite protectrice dans les chaudières), et même dissoudre un des composants de certains alliages (dézincification des alliages cuivreux) qui perdent alors leurs caractéistiques mécaniques.

CORROSION PAR LES ORGANISMES VIVANTS

Certains organismes vivants peuvent, par leur développement, être à l’origine, indirecte, de corrosions. Les cas les plus fréquents sont :

- des processus d’aération différentielle avec attaque de zones de métal recouvertes de proliférations d’algues ou de bactéries banales;
- une accélération de corrosions naissantes par dépolarisation des piles de corrosion : c’est le cas des bactéries du fer qui puisent l’énergie nécessaire à leur développement dans l’énergie libérée par la corrosion;
- une corrosion par les sulfures : certaines bactéries anaérobies sont capables de réduire les uslfates en sulfures qui attaquent l’acier.

Le plus souvent ces bact »ries nécessitent, pour pouvoir se fixer et se développer en milieu anaérobie, des conditions issues de phénomènes primaires tels que dépôts poreux, début de corrosion.

CORROSION PAR PILES BIMETALLIQUES

Lorsque deux métaux différents sont en présence, le métal qui s’ionise le plus facilement devient anode etsubit la corrosion.

Le métal le plus noble (celui qui a le potentiel de dissolution le plus élevé) devient cathode et ne se corrode pas. Il s’établit ainsi une difference de potentiel entre les deux métaux, permattant à la pile de corrosion de fonctionner d’autant plus rapidement que les métaux sont lus éloignés l’un de l’autre dans l’échelle des potentiels.

Deux cas sont à considérer :

- Jonction de deux métaux différents

c’est le cas de la brasure d’un tube de cuivre sur un tube d’acier galvanisé. Il se produit une macropile peu active, du gait que le courant de corrosion est répartie sur une grande surface anodique (le zinc de galvanisation dans l’exemple choisi). De surcroit, cette anode se recouvre généralement d’oxydes qui ralentisssent enjcore les réactions chimiques. La corrosion, dont la vitesse devient très faible, passe alors le plus souvent inaperçue.

- Transfert d’ions métalliques nobles sur un métal moins noble

C’est le cas de la présence d’un élement en cuivre à l’amont d’une tuyauterie en acier galvanisé.

A la mise en service, l’eau entraine toujours des ions du métal noble qui se déchargent sur la cathode que constitue le métal moins noble.

Il y a dépôt électrolytique de métal noble sur le métal le moins noble avec formation de micropiles fermées actives et localisées sur une très faible surface. Il s’ensuit une attaque localisée perforante du métal le moins noble.

Ce type de corrosion est très fréquent dans les circuits d’eau sanitaire.

C’est ainsi quel’on devra rechercher une homogénéité maximale dans les constituants d’un circuit d’eau et que l’on proscrira, sauf traitement spécifique de l’eau, la présence de tout élément en cuivre à l’amont de tuyauteries en acier noir ou galvanisé.

PARAMETRES SECONDAIRES DE LA CORROSION

Equilibre carbonique et teneur en oxygène sont les deux facteurs principaux qui déterminent les conditions de corrosion. D’autres facteurs jouent un rôle dans le processus de corrosion, car ils influent sur la forme et la vitesse de la corrosion. Ce sont: la présence de sels dissous (chlorures principalement), la température, l’état de propreté physique des eaux et la présence de micro-organismes.

1. Influence de la minéralisation

La vitesse de corrosion du fer dans une eau déminéralisée très pure en présence d’oxygène est minime, mais la moindre dissolution de sels initie la orrosion, et ceci selon plusieurs voies :

·la minéralisation globale d’une eau augmente sa conductivité et dimnue la résistance au courant de corrosion. Des traces de chlorures ou de sulfates infériures à 1 mg/l peuvent ainsi initier la corrosion.

Les ions Cl-,F-,Br-,SO42-,NO3- sont stimulateurs de la corrosion. En présence de ces anions, les surtensions sont plus faibles et la dissolution de l’acier exige moins d’énergie. L’adsorption de ces anions sur les plages anodiques faciliteraient la migration du fer vers l’inetrface : elle serait beaucoup plus forte avec les halogénures qu’avec les anions de plus forte masse atomique et/ou valence.

es ions OH-, CrO42- et SiO32- ont, au contraire, tendance à favoriser laformation d’une couche protectrice.

·L’influence dees chlorures, très connue sur les aciers inoxydables, est en fait aussi très forte sur les aciers oux. Ceci provient de concentrations élevées en ions Cl-très mobiles et en ions H+ dans les zones anodiquesqui empêchent la précipitation locale d’hydroxyde de fer par formation d’HCl.

L’augmentation de la concentration d’une eau en Cl- accroit la probabilité de création d’une infinité de micro-anodes et la corrosion par piqures; c’est aussi une explication de la formation en ligne de piqures àla génératrice inférieure des tubes et en aval d’un point singulier. Le paramètre important de la corrosion par les clorures est la teneur en oxygène.

En l’absence totale d’oxygène, la corrosion d’une eau chlorurée peut-être très faible si les conditions de non-aggressivité carbonique de l’eau sont réunies

En présence d’oxygène, même en assez faible dose, le processus d’aération différentielleintervient et entraîne une corrosion croissant rapidement avec la teneur en chlorures, cecimême avec des eaux en équilibre carbonique.

Un diagramme expérimntal relie la vitesse de corrosion à la concentration à la concentration en chlorures et à l’indice de Ryznar pour des eaux aérées et pour des températures de l’ordre de 20°C.

·L’influence des sulfates se manifeste de trois façons :

·directement par accroissement de la conductivité,

- indirectement, par participation au cycle des bactéries sulfato-réductrices et au développemnt des corrosions bactériennes,

- dans un processus particulier de dégradation du béton.

·L’influence des ions Cu2+ à des teneurs inférieures au mg/l peut provoquer une accéla

ération considérable de la corrosion par électrodéposition de cuivre.

2 Influence des oxydants

2.1 Oxygène dissous

Son importance dans la définition du potentiel d’électrode a déjà été précisé mais son compotement d’agent double de la corrosion doit aussi être rappelé :

- pour des concentrations croissantes de 1 à4-6 mg/l, la corrosivité des eaux moyennement mnéralisées croît de façon presque linéaire, mais à la saturation, un équilibre s’établit et intervient la formation d’un filn mixte protecteur si les présences d’alcalinité et de calcium sont suffisantes,

- de même, en deçà de 1mg/l, et pour des eaux douces mais relativement neutres, un état passif de l’acier peut s’établir.

L’ozone, composé très fugace, ne peut avoir d’action directe dans les réseaux de distribution mais, indirectement, une sursaturation en oxygène peut lui être associée, qui quelques fois favorise des dégazages et engendre des corrosions localisées par aération différentielle auxquelles il peut être remédié.2.2 Oxydants

Selon les concentrations la présence d’oxydants puissants tels que le chlore et NaOCl peut accroître sensiblement le potentiel redox des eaux aérées. Les aciers inox seront les plus sensibles et des des nuances présentant des potentiels de piqûres plus élevés peuvent devenir nécessaires.

FORMATION DE COUCHE DE PROTECTION ET PASSIVATION

La corrosion peut être limitée par la formation, spontanée ou provoquée, de couches de protection. Ces couches sont dites naturelles quand elles résultent de l’action des composants de l’eau et de la température. Par contre l’intervention d’agents extérieurs (produits inhibiteurs ou tension électrique) provoquent dans certaines conditions la formation artificielle d’une couche protectrice par des processus d’inhibition ou de passivation contrôlée.

FORMATION SPONTANEE DE COUCHES PROTECTRICES

Il s’agit en fait d’un processus général d’inhibition lié à la présence d’ions OH-et qui se manifeste donc à pH neutre ou alcalin.

En l’absence d’oxygène, et au voisinage de la couche limite, la solubilité des ions Fe2+ et le pH peuvent être tout autre qu’au sein de l’eau elle-même, surtout lorsque léeau est stagnante ou peu agitée.

En se combinant avec les ions Fe2+libérés, les ions OH-forment de l’hydroxyde ferreux Fe(OH)2 qui précipite en couche plus ou moins homogène sur les zones cathodiques ou anodiques, mais il est fragile et peut subir des transformations importantes qui limite le caractère protecteur de la couche formée.

1 Film de Tillmans

Si la diffusion d’oxygène est massique sur les zones cathodiques, l’hydroxyde ferreux non protecteur est oxydé en hydroxyde ferrique qui, lui-même, syncristallise avec du CaCO3 si les eaux sont suffisamment bicarbonatées calciques (7<pH<8.5) il y a alors formation d’une couche mixte protectrice dite couche de Tillmans : c’est elle qui assure la protection d’un grand nombre de réseaux de distribution d’eau.Cett couche se forme aux trois conditions suivantes :

-O2 dissous # 4 à5 mg/l

-[CO2]libre correspondant à l’équilibre calco- carbonique

-alcalinité bicarbonatée calcique de l’eau brute suffisante pour dépasser le produit de solubilité du carbonate de calcium aux cathodes.

Pratiquement on peut prévoir la probabilité de formation de cette couche de protection par le calcul de l’indice de stabilité de RYZNAR qui définit la tendance à la corrosion oyu à l’entartrage d’une eau aérée.Sa définition est la suivante : IR = 2pHs – pH

ou pHs = pH théorique de saturation, calculé d’après le diagramme de Langelier

pH = pH mesuré à 25°C

correspondance entre les valeurs de IR et les tendances de l’eau (0<T<60°C)

Indice de RYZNAR Tendance
4 à55 à 6

6 à 7

7 à 7.5

7.5 à 8.5

entartrage importantentartrage faible

équilibre

légère corrosivité

corrosivité importante

2 Film de magnétite

Uniquement pour des températures>200°C

PRINCIPES DE PROTECTIONS ANTICORROSION

En dehors des deux importants cas précédents, l’acier est pratiquement actif dans toutes les eaux et se corrode donc plus ou moins rapidement.

Le diagramme de Pourbaix montre les différentes zones de corrosion, de passivation et d’immunité de l’acier. La passivation caractérise l’état du métal recouvert d’un film protecteur et non corrodé tant du moins qu’une réaction secondaire ne détruit pas ce film d’épaisseur 20 à 100 A pour l’acier doux et 10 à 25 A pour les aciers au chrome. La prévention de la corrosion peut donc s’établir de plusieurs façons :

- En passivant les surfaces par maintien d’un milieu suffisamment oxydant et alcalin. C’est le domaine de la passivation naturelle.
- Par l’adjonction d’inhibiteur dans l’eau.
- Par l’élévation du pH, c’est à dire par neutralisation et alcalinisation au-delà de pH 10.5
- Par abaissement du potentiel d’électrode en-deçà de -0.58 V
- Par isolation physique (revêtement)

INHIBITEURS DE CORROSION

Les produits chimiques susceptibles d’être ajoutés à l’eau pour en supprimer l’effet corrosif vis-à-vis des métaux sont aussi appelés passivants.

Les inhibiteurs de corrosion n’agissent pas sur les composés chimiques de l’eau mais forment, en général, sur les métaux un mince film protecteur qui, en supprimant le contact métal-eau, évite la corrosion.

Les couches protectrices ne sont jamais totalement insolubles. Après leur formation, un dosage d’entretien est toujours nécessaire si l’on veut éviter leur redissolution.

Une classification des inhibiteurs peut être proposée suivant leur mode d’action bienqu’un même produit puisse intervenir suivant plusieurs processus.

INHIBITEURS ANODIQUES

Ils forment un film protecteur sur les surfaces anodiques en y bloquant la réaction électrochimique

Fe Õ Fe2+ +2e-

Exemples : chromates, nitrites, phosphates, molybdates, silicates, borates, benzoates.

La protection anodique lorsqu’elle est utilisée seule nécessite de fortes quantités de produit de l’ordre du g/l car en cas de sous-dosage il y a risque de corrosion perforante.

INHIBITEURS CATHODIQUES

Ils forment un film protecteur sur les surfaces alcalines cathodiques par la création d’un composé insoluble dans les zones de pH élevé, bloquant ainsi la réaction électrochimique liée à la présence d’oxygène.

Exemples : sels métalliques en particulier zinc, phosphates, inhibiteurs organiques.

Ils sont en général utilisés avec d’autres inhibiteurs.

INHIBITEURS MIXTES ANODIQUES ET CATHODIQUES

Avec le blocage simultané des anodes et cathodes de corrosion, la protection obtenue est très efficace pour des doses de produits beaucoup plus faibles quelques dizaines de mg/l dans les eaux aérées).

Exemples : chromates-zinc, polyphsphates-zinc, phosphonates-zinc, polyphosphates-silicates.

INHIBITEURS ORGANIQUES

Ces composés forment une barrière métal-eau sous forme d’un film monomoléculaire, ils présentent une forte affinité pour les surfaces solides sur lesquelles ils sont absorbés. On distingue :

- les amines filmantes qui constituent un film continu et imperméable.

La dose d’emploi se situe entre 2 et 20 g/m3. La constitution des réseaux permet rarement la formation d’un film réellement continu : on doit alors éviter ce procédé car tous les courants de corrosion se concentreraient sur les surfaces anodiques provoquant ainsi une corrosion de type perforant.

- les dérivés azolés qui agissent par chimisorption avec transfert de charge entre la molécule organique et les atomes du métal à protéger.

PROTECTION DES METAUX NON FERREUX : CUIVRE ET ALUMINIUM

PROTECTION CATHODIQUE

Il est possible d’assurer la protection interne d’un réservoir en le rendant artificiellement cathode par rapport à un autre élément métallique placé à l’intérieur. Pour la réalisation d’une telle pile on utilise :

- des anodes corrodables sans courant imposé (anodes de magnésium)
- des anodes corrodables avec courant continu imposé (anodes d’aluminium)
- des anodes non corrodables avec courant continu imposé (anodes en titane platiné).

COMPORTEMENTS DES METAUX USUELS VIS-A-VIS DE LA CORROSION

MATERIELS MATERIAUX LES PLUS COURANTS APPLICATIONS PRINCIPALES
Tuyauteries ·Acier et fonte (revêtue ou non) Matières plastiques (PVC, polyéthylène…)·Acier noir ou galvanisé

·Cuivre

·Aciers spéciaux (inoxydables)

·Distribution d’eau potable publique ou privée·Circuit d’eau à l’intérieur des bâtiments

·Distribution d’eau potable

·Distribution d’eau déminéralisée

Réservoirs ·Béton armé·Résine de synthèse (époxy…)

·Acier noir ou galvanisé

·Réservoirs de stockage·Etanchéité ou protection des réservoirs

·Ballons tampons de systèmes surpresseur

·Pompes ·Matières plastiquesFonte

Aciers spéciaux

Alliages d’aluminium

·Bronze

·Matières plastiques

·Corps de pompe ; turbines

·Turbines ; coussinets

·Turbines ; corps

Robinetterie ·Matières plastiquesFonte

Bronze

·Laiton

·Acier

·Caoutchou de synthèse

·Corps de vannes, de clapets de retenue·Doigts de gant, corps de robinets

·Corps de vannes, de clapets

·Clapets de robinets,…

Raccords ·Matières plastiquesAcier noir

·Fonte malléable noire ou galvanisé

·Laiton

·Bronze

·Coudes, tés à souder·Toutes pièces de raccord

·Ecrous, bagues de serrage

·Manchons, mamelons, réductions

Chaque matériau métallique a un comportement spécfique qui dépend à la fois du matériau lui-même (nature chimique, structure métallurgique), de la composition de l’eau et des conditions physiques qui règnent danss l’installation (températures, pressions, vitesses d’écoulement de l’eau,…)

Acier au carbone ou acier noir

Fonte

La fonte, alliage ferreux riche en carbone, subit également la corrosion, surtout si l’eau est riche en CO2 agressif.

La corrosion de la fonte a toutefois moins de conséquences que celle de l’acier, eu égard à la forte épaisseur des parois.

Zinc, acier galvanisé

La galvanisation de l’acier est le plus souvent obtenue par immersion des pièces dans un bain de zinc fondu (450°C).

Il se produit une réaction métallurgique entre l’acier et le zinc conduisant à la formation d’alliages fer-zinc et zinc-fer établis en trois couches successives recouvertes d’une couche de zinc.

L’ensemble de ces différentes couches a une épaisseur de l’ordre de 80 à 100 mm.

Fortement électronégatif, le zinc se dissout rapidemment. Toutefois, les ions zinc libérés peuvent se combiner avec l’oxygène, les ions OH-, les ions HCO3- pour former des oxydes, hydroxydes, hydroxycarbonates insolubles.

A température ordinaire, le zinc se recouvre rapidement d’oxyde adhérent et très peu poreux au gaz et aux ions.

CORROSION DES METAUX NON FERREUX

CUIVRE

Le cuivre est passivé naturellement dans les eaux aérées par formation d’une fine couche d’oxyde constituée de Cu2O.

Sur le cuivre il peut se produire trois types principaux de corrosion :

CORROSION PAR PIQÛRES DU TYPE 1

Relativement la plus fréquente, elle se rencontre sur tubes recuits en présence d’eau froide. moyennement ou fortement minéralusées. Elle se manifeste par l’apparition de piqûres régulières, recouvertes d’un dôme d’oxyde vert.

Deux facteurs conditionnent ce type de corrosion :

- la qualité de l’eau, par son pH, sa teneur en oxygène résiduel et la teneur en bicarbonates,

- la présence, en surface du tube, de films carbonés. Ce dernier facteur tend à disparaître avec l’application de normes qui limitent la quantité de carbone par unité de surface.

CORROSION PAR PIQÛRES DE TYPE 2

Elle ne se rencontre qu’en présence d’eaux chaudespeu minéralisées.

CORROSION EROSION

Ce type de corrosion est lié essentiellement à des vitesses de circulation excessives, dues à des géométries particulières (coudes, rétrecissements…). Le faciès obtenu fait aparaître des cratères en forme de fer à cheval.

 

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